Le Fil de l’identité

2008

 

Généralement considérée comme un moment mineur du système de Hegel, l’analyse y occupe cependant une place étrange. Cette activité qui décompose des représentations, des objets ou des concepts est à l’origine des faux départs et des faux mouvements de la réflexion ; mais elle permet également de condenser les acquis de l’anthropologie, dévoilant l’appropriation du monde extérieur par un sujet vivant et connaissant. Enfin, elle offre une vue originale sur la dialectique elle-même.

La présente étude accorde une attention particulière à deux paradoxes : premièrement l’analyse est d’une telle immanence qu’elle rend compte de son objet par une suite de propositions identiques, et n’explique donc rien. Deuxièmement, elle est si formelle qu’elle semble valable pour tout type d’objets, mais dénature la singularité de chacun. Il s’agit alors de voir comment Hegel justifie ces paradoxes au nom de la lutte contre les totalités indécomposables, et les déjoue : il montre en effet que l’analyse infinie ne dégage pas des caractéristiques abstraites, mais sélectionne les  moments où les oeuvres rendent compte de leurs auteurs, les points où s’expriment des décisions individuelles, libres et nécessaires.

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