Journée d’étude: La question de la démocratie: Derrida / Rancière

18 février 2014 §0 commentaire

 

“Pas de déconstruction sans démocratie, pas de démocratie sans déconstruction” (Politiques de l’amitié): la pensée déconstructrice de Jacques Derrida est absolument inséparable de sa pensée de la démocratie. Le concept de “démocratie à venir” fait travailler les grands thèmes de ”justice”, d’“hospitalité”, de “pardon”, de “responsabilité”. Cette conception n’étant pas celle de l’idée régulatrice au sens kantien, mais celle d’un événement qui doit arriver ici et maintenant, il est nécessaire, pour Derrida, de déconstruire la démocratie en tant que celle-ci se présente comme l’État ou l’Institution.

Pour Jacques Rancière, la théorie de Derrida est celle de la “démocratie sans demos”, et il considère qu’il n’y a pas de sujet politique dans sa pensée (“Should Democracy come? Ethics and Politics in Derrida”, dans Derrida and the time of the political). Rancière fait du demos “la part des sans-parts”, le lieu de ceux qui n’ont pas de qualification particulière. Il fonde son concept de démocratie, non point sur le consensus, mais sur la mésentente, dialogue entre ceux qui n’ont pas de connaissance commune.

Dans notre forum, nous aborderons différents thèmes au croisement de ces deux philosophies mutuellement conflictuelles: la figure du peuple (demos), la temporalité du politique, les relations entre l’égalité et la liberté, la manière de compter les voix, la responsabilité pour ce qui arrive.

 

Organisée avec le soutien de l’Université métropolitaine de Tokyo, l’Université de Ritsumeikan, Kyoto (Japon), et avec la Maison Heinrich Heine.

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