Protégé : La métaphysique – déroulement

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Protégé : Révisions Philosophie concours ENS 2018

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Conférence d’Andrea Potesta, jeudi 25 janvier, 15h

25 janvier 2018 § 0 comments

Exemplier

1.
Nietzsche, F., « Richard Wagner à Bayreuth », Considérations inactuelles III et IV, in OEuvres complètes, trad. H. A. Baatsch, Paris : Gallimard, 1988, p. 59 :
Cette musique [de Wagner] est le retour à la nature, en même temps qu’elle est à la fois purification et métamorphose de la na-ture ; car c’est dans l’âme des hommes les plus aimants qu’est né le besoin de ce retour et ce qui retentit dans leur art, c’est la nature muée en amour.

2.
Nietzsche, F., Ecce homo, trad. E. Blondel, in OEuvres, Paris : Flammarion, 2000, p. 1258 :
Ce qui se décidait alors chez moi, ce n’était pas exactement une rupture avec Wagner – je ressentais une aberration générale de mon instinct, dont telle ou telle méprise, que ce fût Wagner ou la chaire de professeur à Bâle, n’était qu’un signe. Je fus assailli par un accès d’impatience à mon égard ; je compris qu’il était grand temps de me raviser pour revenir enfin à moi.

3.
Nietzsche, F., Écrits autobiographiques, trad. M. Crépon, Paris : Manucius, 2011, p. 56 :
Un jour je trouvai ce livre dans la boutique d’antiquité du vieux Rohn. Alors qu’il m’était complètement étranger, je le pris entre mes mains et le feuilletai. Je ne sais quel démon me souffla : « Emporte ce livre chez toi ! » C’est en tout cas ce qui se produisit, contraire-ment à mon habitude d’être prudent dans mes achats de libres. Ren-tré chez moi, je me jetai sur le coin du sofa avec le trésor que je venais d’acquérir et commençai à laisser agir sur moi l’énergie de cet ardent génie. Dans ce libre, chaque ligne criait le renoncement, la négation, la résignation. Ici, je trouvai un miroir dans lequel je pouvais voir se refléter, avec une épouvantable grandeur, le monde, la vie et mon propre coeur. Ici l’art me regardait de son oeil solaire désintéressé. J’y découvris la maladie et la guérison, l’exil et le
refuge, l’enfer et le paradis. Le besoin de me connaitre moi-même, de me déchirer [Selbstzernagung] me saisit puissamment. Les pages de mon journal datant de cette époque témoignent de ce brusques changements, pages remplies d’autocritiques et dans lesquelles je jetais un regard désespéré vers la guérison, ver la transformation de l’essence de l’homme. Les qualités, les efforts accomplis ne trou-vaient pas grâce devant le sobre tribunal où je siégeais en moi-même. Je me haïssais et ne m’épargnais pas les tortures, même cor-porelles. Ainsi, pendant quatorze jours consécutifs, je m’obligeai à me coucher à trois heures du matin et à me lever à six. Qui sait à quelles extrémités cette folie m’aurait conduit si la vie et ses vanités, ainsi que l’obligation d’étudier, n’avaient pas fini par reprendre le dessus.

4.
Nietzsche, F., Ecce homo, trad. E. Blondel, in OEuvres, Paris : Flammarion, 2000, p. 1255 :
« Schopenhauer éducateur » enregistre mon histoire la plus in-time, mon devenir, mon voeu solennel avant tout… Ce que je suis aujourd’hui, l’endroit où je me trouve enfin, une hauteur d’où je ne parle plus avec des mots, mais avec des éclairs, – oh ! que j’en étais loin alors ! Mais je voyais déjà le pays, je ne me trompais pas un instant sur les dangers de l’itinéraire, ni sur les périls de la mer… ni sur le succès qui était au bout ! Quelle grande paix dans cette pro-messe, quelle félicité dans cette contemplation qui ne devait pas res-ter promesse ! Chacun des mots de ces écrits était vécu profondé-ment, avec ferveur ; la pire douleur s’y trouvait aussi ; il y avait là des mots vraiment sanglants. Mais un grand vent de liberté soufflait, emportant toute chose ; la plaie des blessures elles-mêmes ne faisait
pas l’effet d’une objection. Si le philosophe est à mes yeux un ex-plosif effroyable qui met tout en danger, – si l’idée que je m’en fais est à mille lieues de la conception que suppose encore Kant lui-même pour ne rien dire des « ruminants » de l’enseignement supé-rieur et autres professeurs de philosophie, mon écrit donne sur tous ces points d’inestimables renseignements, même en admettant que le vrai sujet ne soit pas « Schopenhauer éducateur », mais bien « Nietzsche éducateur » qui est le sujet contraire.

5.
Nietzsche, F., Humain, trop humain. Un livre pour esprits libres, vol. I, trad. R. Rovini et M. de Launay, Paris : Gallimard, 1988, pp. 177 :
On appelle esprit libre celui qui pense autrement qu’on ne l’at-tend de lui, en raison de son origine, de ses relations, de sa situation et de son emploi ou des vues régnantes de son époque. Il est l’ex-ception, les esprits serfs sont la règle ; ceux-ci lui reprochent que ses principes de liberté ont pour origine le désir de surprendre, ou bien lui permettent de conclure à des actions libres, c’est-à-dire à des ac-tions qui sont incompatibles avec la morale dépendante. De temps à autre, on dit aussi que tel ou tel de ces principes doit être dérivé d’une subtilité ou d’une excitation mentale ; or, ce qui parle ainsi n’est que la méchanceté, qui elle-même ne croit pas à ce qu’elle dit mais veut s’en servir pour nuire […] Au reste, il n’est pas de
l’essence de l’esprit libre d’avoir des vues plus justes, mais seule-ment de s’être affranchi des traditions, que ce soit avec bonheur ou avec insuccès. Mais d’ordinaire il aura la vérité, ou du moins l’esprit de la recherche de la vérité, de son côté : il cherche des raisons, les autres une croyance.

6.
Nietzsche, F., Humain, trop humain. Un livre pour esprits libres, vol. I, trad. R. Rovini et M. de Launay, Paris : Gallimard, 1988, p. 174 [trad. mod.] :
L’homme de science est une évolution de l’homme artistique.

7.
Nietzsche, F., Humain, trop humain. Un livre pour esprits libres, vol. I, trad. R. Rovini et M. de Launay, Paris : Gallimard, 1988, pp. 31-32 :
CHIMIE DES IDÉES ET DES SENTIMENTS. Les problèmes philo-sophiques reprennent aujourd’hui presque en tout point la même forme qu’il y a deux mille ans : comment une chose peut-elle naître de son contraire, par exemple, le raisonnable du déraisonnable, le sensible du mort, la logique de l’illogisme, la contemplation désin-téressée du vouloir cupide, l’altruisme de l’égoïsme, la vérité des er-reurs ? La philosophie métaphysique s’arrangeait jusqu’ici pour franchir cette difficulté en niant que l’un naquît de l’autre et en ad-mettant pour les choses d’une haute valeur une origine miraculeuse, la sortie du noyau et de l’essence de la « chose en soi ». La philoso-phie historique, au contraire, qui ne se peut plus du tout concevoir
séparée de la science naturelle, la plus récente de toutes les mé-thodes philosophiques, découvrit dans des cas particuliers (et vrai-semblablement, ce sera là sa conclusion dans tous) qu’il n’y a point d’oppositions, excepté dans l’exagération habituelle de la concep-tion populaire ou métaphysique, et qu’une erreur de la raison est à la base de cette mise en opposition […] Tout ce dont nous avons besoin, et qui peut pour la première fois nous être donné, grâce au niveau actuel des sciences particulières, est une chimie des repré-sentations et des sentiments moraux, religieux, esthétiques, ainsi que de toutes ces émotions que nous ressentons dans les grandes et petites relations de la civilisation et de la société, même dans l’isole-ment : mais, si cette chimie aboutit à la conclusion que dans ce do-maine encore les couleurs les plus magnifiques sont faites de ma-tières viles, même méprisées, beaucoup de gens auront-ils du plaisir à suivre de telles recherches ? L’humanité aime à chasser de sa
pensée les questions d’origine et de commencements : ne faut-il pas être presque déshumanisé pour sentir en soi le penchant opposé ?

8.
Nietzsche, F., Humain, trop humain. Un livre pour esprits libres, vol. I, trad. R. Rovini et M. de Launay, Paris : Gallimard, 1988, p. 47 :
RECULER DE QUELQUES ÉCHELONS. – Un degré, certes élevé, de culture est atteint, quand l’homme arrive à surmonter les idées et les inquiétudes superstitieuses et religieuses et par exemple ne croit plus à l’ange gardien ou au péché originel, a désappris même à parler du salut des âmes : à ce stade d’émancipation, il a encore, au prix des efforts les plus extrêmes de sa réflexion, à triompher de la métaphysique. Mais alors, un mouvement de recul est nécessaire : il faut qu’il saisisse dans de telles représentations leur justification historique, et aussi psychologique, il lui faut reconnaître comment le plus grand avantage de l’humanité est venu de là, et comment, sans un tel mouvement de recul, on se dépouillerait des meilleurs
résultats de l’humanité jusqu’à nos jours. En ce qui touche la méta-physique philosophique, je vois maintenant toujours plus d’hommes enclins au but négatif (que toute métaphysique positive est une erreur), mais peu encore qui montent quelques échelons à reculons ; il semble qu’on regarderait volontiers par-dessus les der-niers degrés de l’échelle, mais qu’on ne veut pas s’y placer. Les plus éclairés vont juste assez loin pour se délivrer de la métaphysique et jeter sur elle un regard en arrière d’un air de supériorité : au lieu que là aussi, comme dans l’hippodrome, il est nécessaire de faire le tour pour finir la course.

9.
Deleuze, G., Nietzsche et la philosophie, Paris : PUF, 1962, pp. 2-3 :
Généalogie veut dire à la fois valeur de l’origine et origine des valeurs. Généalogie s’oppose au caractère absolu des valeurs comme à leur caractère relatif ou utilitaire. Généalogie signifie l’élé-ment différentiel des valeurs dont découle leur valeur elle-même. Généalogie veut donc dire origine ou naissance, mais aussi diffé-rence ou distance dans l’origine.

10.
Nietzsche, F., Humain, trop humain. Un livre pour esprits libres, vol. I, trad. R. Rovini et M. de Launay, Paris : Gallimard, 1988, pp. 64-65 :
LA FABLE DE LA LIBERTÉ INTELLIGIBLE. – L’histoire des senti-ments en vertu desquels nous rendons quelqu’un responsable, par-tant des sentiments dits moraux, parcourt les phases principales sui-vantes. D’abord on nomme des actions isolées bonnes ou mauvaises sans aucun égard à leurs motifs, mais exclusivement par les consé-quences utiles ou fâcheuses qu’elles ont pour la communauté. Mais bientôt on oublie l’origine de ces désignations, et l’on s’imagine que les actions en soi, sans égard à leurs conséquences, enferment la qua-lité de « bonnes » ou de « mauvaises » : pratiquant la même erreur qui fait que la langue désigne la pierre comme dure, l’arbre comme vert – par conséquent en prenant la conséquence pour cause.
Ensuite on reporte le fait d’être bon ou mauvais aux motifs, et l’on considère les actes en soi comme moralement ambigus. On va plus loin, et l’on donne l’attribut de bon ou de mauvais non plus au motif isolé, mais à l’être tout entier d’un homme, lequel produit le motif comme le terrain produit la plante. Ainsi l’on rend successivement l’homme responsable de son influence, puis de ses actes, puis de ses motifs, enfin de son être même. On découvre finalement que cet être lui-même ne peut être rendu responsable, étant une consé-quence absolument nécessaire et formée des éléments et des in-fluences d’objets passés et présents : partant, que l’homme n’est à rendre responsable de rien, ni de son être, ni de ses motifs, ni de ses actes, ni de son influence. On est ainsi amené à reconnaître que l’his-toire des évaluations morales est aussi l’histoire d’une erreur, de l’er-reur de la responsabilité : et cela, parce qu’elle repose sur l’erreur du libre arbitre.



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