Maintien de l’ordre: statique et dynamique des forces de l’ordre

16 février 2016 § 0 comments

Séminaire du Collège international de philosophie et de l’Institut des hautes études en psychanalyse, organisé par Jérôme Lèbre, directeur de programme au Collège et membre de l’IHEP

Jeudi 18 février, jeudi 17 mars, jeudi 14 avril, jeudi 19 mai 2016, lycée Henri IV, 18h30-20h30, sauf la séance du  17 mars au lycée Hélène Boucher, 18h-19h30 (détails ci-dessous)

Jeudi 18 février, avec Fabien Jobard:

« Maintien de l’ordre:  statique et dynamique des forces de l’ordre »

18h30-20h30

Lycée Henri-IV, 23, rue Clovis, 75005 Paris. Ouvert à tout public, penser à amener une pièce d’identité pour entrer dans le lycée.

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Entretien avec Fabien Jobard, sociologue, chercheur au CNRS (Centre Marc Bloch, Berlin). Nous parlerons des situations d’immobilisation de la police et des manifestants en les mettant en relation avec les situations de mouvement, pour comprendre comment se « maintient » une manifestation. Nous verrons plus généralement si la pratique du maintien de l’ordre relève de la statique ou de la dynamique.

Argument du séminaire (1er semestre 2016)

BalthazarSois sûr d’avoir épuisé tout ce qui se communique par l’immobilité et le silence (Robert Bresson, Notes sur le cinématographe).

Dans ce séminaire l’immobilité est étudiée non comme le simple négatif du mouvement, mais comme une situation incontournable qui ressort discrètement dans un monde mobile. Se refusant à toute éternisation, l’immobilité se dissémine en une multiplicité de stations, images, textes, corps, pensées, si bien que l’on peut aller loin sans faire un seul pas.
Le séminaire « stations » (argument général ci-dessous) se concentrera cette année sur les situations d’immobilité collective : nous nous intéresserons à ce qu’attend le droit de ce qu’il présente comme une simple privation de mouvement (l’arrestation) et donc à la vie dans les prisons ; mais aussi à l’immobilisation dans les transports, dans les hôpitaux, à la fonction de la position assise dans les écoles (quelles contraintes exerce l’école sur le corps des élèves, parvient-elle à les compenser et comment, que dire de ce concept discuté et à coup sûr contestable d’ »hyperactivité » ?), au problème des troupes arrêtées en stratégie militaire et policière, au rôle tout aussi stratégique de l’immobilité dans les manifestations… Nous nous demanderons si l’immobilité est simplement contrainte voire disciplinaire et ce qui reste d’une statique libre, résistante. Plus généralement, le peuple est-il par essence mobile ? Que serait un peuple totalement ou partiellement statique, qui ne « circule » plus ? Aurait-il encore une identité de peuple ? Il s’agit généralement de savoir à la fois comment on la tolère l’immobilité et comment on la tient. Il ne s’agit pas simplement d’en faire l’éloge ou la critique, mais de la rechercher, dans une suite d’entretiens. Chaque séance est indépendante depuis le début de ce séminaire. 

Séances suivantes

Jeudi 17 mars, avec Arlette Farge

18h-19h30

Lycée Hélène Boucher, 75 cours de Vincennes, 75020 Paris, salle Louise Fontaine. Avec la participation d’Eric Godeau, professeur d’histoire en khâgne au lycée Hélène Boucher. Ouvert à tout public ; pour les personnes extérieures au lycée, inscription préalable par mail à l’adresse lebrejerome@sfr.fr.

Jeudi 14 avril, avec Pascal Séverac

18h30-20h30

Lycée Henri-IV, 23, rue Clovis, 75005 Paris. Ouvert à tout public, penser à amener une pièce d’identité pour entrer dans le lycée.

Jeudi 19 mai, avec Philippe Artières

18h30-20h30

Lycée Henri-IV, 23, rue Clovis, 75005 Paris. Ouvert à tout public, penser à amener une pièce d’identité pour entrer dans le lycée.

Séances antérieures (2014-2015):

Stations 1-3 : position du problème

10 /02/2014 Séance introductive, Du mouvement et de l’immobilité…

17/03 Un pas de plus ou de moins (la question de la métaphysique)

31/03 Pour une statique

Stations 4 à 12 : tenir l’immobilité dans l’art, l’écriture

07/04 Yannick Mouren, professeur d’études cinématographiques, « l’image arrêtée »

28/04 Tanguy Viel, romancier, « En un éclair d’immobilité… »

12/05 Anne Gorouben, artiste plasticienne, « la station du modèle »

26/05 David Hudry, compositeur, professeur de musicologie, « Les expressions du statisme dans la musique de Franz Schubert »

16/06 Aïcha Livia Messina, professeure de philosophie et Sara Pozzoli, réalisatrice : « Poser me va si bien – l’écrit et le film »

13/10 Claire Simon et Nicole Garcia, réalisatrices et actrices – Station « Gare du Nord »

17/11 Carole Douillard, artiste plasticienne

8/12 Jean-Christophe Bailly, écrivain, essayiste

19/01/2015 Sarah Wilson, historienne de l’art et curatrice, Professeure au « Courtauld Institute of Art »  (Londres), « Ekphrase et immobilité : les tableaux vivants de Pierre Klossowski »

Argument général

L’immobilité n’est pas une catastrophe. Elle ne se confond pas non plus avec la simple inertie. Plus immobile qu’elle, elle tient, se tient au bord de l’abîme, et elle y reste autant que possible. Il ne faut pas attendre d’elle qu’elle s’accomplisse dans le mouvement : elle est déjà aussi un mode du mouvement, un repos dynamique ou tonique. Se refusant à toute éternisation, elle se dissémine dès lors en une multiplicité de stations, images, textes, corps, pensées, si bien que l’on peut aller loin sans faire un seul pas.

Cette expression, « ne pas faire un pas », est prise dans ce séminaire avec le plus grand sérieux et dans toute son extension. Après tout c’est elle qui, chez Kant, caractérise la métaphysique. Ce n’est pas une métaphore : elle implique une pratique de la pensée, une manière de méditer, parfois sur une seule jambe (Nietzsche), ou plutôt des pratiques dont certaines sont vieilles comme le monde. L’immobilité implique le corps, qui tient selon un certain équilibre. Certes il n’y a rien de plus dur à tenir que l’immobilité (à l’école, en prison) mais cette dureté est celle de la photographie (Sam Taylor Wood), des plus grands films (Fenêtre sur cour), de la poésie. Que l’on pense à Artaud : il faut un beau pèse-nerfs, « une sorte de station incompréhensible et toute droite au milieu de tout dans l’esprit ».

Chaque séance est une station. C’est bien ce qu’elle est toujours, une station assise, donc paradoxale ; on se demande pourquoi et comment on tient et pour combien de temps encore. Comment le comédien, le danseur, celle ou celui qui pose, mais aussi l’œuvre, l’image, l’écriture tiennent-ils immobiles ? Et les animaux ? Et le couple homme-cheval ? Et les hommes dans un embouteillage, un aéroport, une station de métro ou une station balnéaire ? Quel avantage, quel danger, y a-t-il à maintenir immobile un groupe de CRS, une armée ? Comment toutes ces immobilités évoluent-elles, quels changements de position provoquent-elles ? A l’horizon, immobile, de ces questions se tient une certaine idée du courage.

 

LES ÉCRANS PHILOSOPHIQUES

11 février 2016 § 0 comments

Cycle conçu et organisé par le Collège international de philosophie avec la Maison populaire de Montreuil, les cinémas Le Méliès de Montreuil et l’Écran de Saint-Denis. Responsable pour le Collège J. Lèbre.

 

LE CHARME DISCRET DU POUVOIR : LOI ET DÉSIR DANS « ENQUÊTE SUR UN CITOYEN AU-DESSUS DE TOUT SOUPÇON » D’ELIO PETRI
JEUDI 11 FÉVRIER 2016 À 20 H 30
PROJECTION SUIVIE D’UNE PRÉSENTATION ET D’UNE DISCUSSION AVEC LES SPECTATEURS.
AU CINÉMA LE MÉLIÈS DE MONTREUIL.
AVEC MARCO FIORAVANTI
Film : Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon d’Elio Petri (Italie, 1970, 1h52)
Présenté par Marco Fioravanti, chercheur en histoire du droit, Université de Rome « Tor Vergata ».
« Grand prix spécial du jury au Festival de Cannes en 1970 et Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1971, le film apparemment ressemble à une pellicule réaliste sur des thèmes classiques comme la violence de la police et des autres appareils d’État, mais il s’agit surtout d’un film surréaliste et psychologique sur l’exercice du pouvoir et sur la séduction du crime. Entre Buñuel et Dürrenmatt, Dostoïevski et Kafka, l’histoire du film nous conduit, selon un rythme serré et grâce aux musiques d’Ennio Morricone, vers le rêve/cauchemar du protagoniste, ancien chef de la section criminelle et nouveau chef de la section politique : il est “un serviteur de la loi, par conséquent il appartient à la loi et est au-delà du jugement humain”. »
Marco Fioravanti

Photo de Collège International de Philosophie.

 



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